Chine 2013

6 octobre 2013

Durant deux semaines de ce mois d’août 2013, j’ai eu la chance de participer à un voyage viti-vinicole dans le nord-ouest de la Chine, organisé par la Société Suisse-Chine. Nous étions neuf, professionnels de la vigne et du vin, journaliste et autres passionnés.

Notre délégation s’est déplacée en premier lieu de Beijing à Urumqi dans le Xinjiang. Cette région Ouïghour se situe entre le désert de Takla-Makan au sud et celui de Gobi au nord-est. La vallée reste très désertique et c’est là que nous visitons le premier domaine tenu par le groupe industriel chinois Citic, domaine qui sera aussi le plus grand de tout notre voyage. Nous y sommes reçus par un œnologue français, Monsieur Noleau. Il nous explique comment il gère les 30’000 tonnes de raisins des 10’000 ha du domaine, répartis sur plusieurs zones de la région, et comment sont vinifiés ces énormes volumes dans une batterie de 200 cuves de 300 m3 chacune. Nous apprenons comment la vigne est plantée dans toute cette partie de la Chine que nous allons visiter. Pour commencer, il faut dire que le climat est très particulier car il fait très froid en hiver, jusqu’à -30°, et cela peut dépasser les 40° en été. De plus, il ne pleut pratiquement pas, de 60 à 200mm par an seulement. Ainsi, pour planter de la vigne, il s’agit de creuser des sillons de 50cm de profondeur tous les 3 mètres et il s‘y plante en très grande majorité du Cabernet Sauvignon franc de pied (il n’y a pas de phylloxera dans les terres sableuses). Comme l’hiver est donc très froid, on doit enterrer les souches dans ces sillons dès après les vendanges. En effet, il peut geler très vite à partir de la fin du mois d’octobre. Au printemps, on ressort ces pieds de vignes pour la courte période de végétation. Vu le peu d’eau, toutes les cultures et en particulier les vignes sont abondamment irriguées tous les dix jours environ. Le travail est assez simplifié, car on ne fait que très peu de traitements, puisqu’il n’y a ni de problème de mildiou ni d’oïdium. On laisse aussi le feuillage se développer pour protéger le raisin du fort soleil de l’été. Le problème le plus important en vinification est le manque d’acidité dû à ce climat si particulier et aux terres pauvres en matière organique. Cela donne des vins riches en alcool mais avec un manque de structure qu’ils compensent par des tannins souvent fortement extraits et ceci pas toujours avec beaucoup de finesse. Toutefois, malgré cela, nous apprenons que les vins sont vendus pour l’équivalant de 50 à 500.- la bouteille !… Des prix que nous ne comprenons pas au vu des coûts de production si bas. Mais il faut analyser le comportement de consommation des Chinois, pour lesquels ces vins sont faits, et la seule règle est que si le prix de ces vins n’est pas élevé, cela implique pour eux qu’il ne s’agit pas d’un produit de qualité. Ils n’ont ainsi aucune peine à vendre leur production à ces tarifs-là, au vu de la vitesse à laquelle l’augmentation de la consommation se fait. A vrai dire, en Chine, tout est parfaitement surprenant…

Nous visitons plus tard la région de Turfan où l’on produit spécialement du raisin sec de variété très variée sur des vignes en pergolas et qu’on sèche ensuite dans des constructions de briques ajourées. Les cultures pour le raisin sec sont très anciennes et se situent sur la célèbre route de la soie.

La dernière région viticole que nous visitons se trouve près de Yinchan, dans le Ningxia. Là, des producteurs ont le projet fou de reproduire la route des vins de Bordeaux en y construisant de toutes pièces des copies en carton-pâte de châteaux à la décoration terriblement kitsch au milieu de vignes aux surfaces démesurées. Nous finirons nos visites par le plus petit (50 ha) et le plus intéressant domaine, du nom de Silver Heights, tenu par l’oenologue Emma Gao et par son mari girondain Thierry Courton. Nous y passons un moment charmant en dégustant un très beau Cabernet aux fruits très développés, au palais puissant et aux tannins parfaits. Nous apprenons qu’il est possible de faire de très bons vins en régulant les récoltes, en maîtrisant l’irrigation et en faisant juste un travail « pointu ».

Pierre-Alain Dutoit

Première halte à Beijing avant un vol vers Urumqi dans le Xinjiang

le système d’irrigation des vignes.

Notre délégation chez Citic Guoan Wine Industry

Plantation d’un domaine dans le désert près de Yanqi.

Construction d’une cave chez Loulan près de Turfan.

Une vigne en pergolas pour le raisin sec.

le désert entre Urumqi et Turfan.

Le chai à barriques chez Xixuan à Wuwei dans le Ganzu.

Dégustation chez Mogao à Wuwei…

Le « terroir » particulier du nord-ouest de la Chine…

Le fleuve Jaune à Lanzhou.

Notre délégation toujours très attentive.

Un des « Château » près de Yinchan, dans le Ningxia.

Le père de Emma Gao qui a créé le domaine de Silver Heigths.

Gérald Béroud, le chef de notre délégation trinque avec Thierry Courton.

Des moments fort agréables !


HUBLOT SWISS NIGHT, Tokyo, 2013.09.03

6 septembre 2013

http://www.hublot.com/fr_FR/news/detail/3885/au-japon-hublot-organise-la-hublot-swiss-night


Vinsnews Open Air Cinéma

25 juillet 2013


VINSNEWS N°43

8 juillet 2013

Les Fous du Roi vous propose depuis peu, sur leur site internet, une boutique en ligne ou vous retrouverez l’ensemble des vins qu’ils créent, qu’ils importent, qu’ils préfèrent…

Un site simple et ergonomique. Les vins y sont rangés par Producteurs, par Pays – Région et par Appellation. Une fois votre sélection faite et vos coordonnées transmises, nous prenons personnellement contact avec vous pour la livraison, à domicile ou pris à notre vinothèque de Saint-Saphorin, ouverte tous les jeudis de 17 à 19 heures.


Dégustation d’un dimanche

8 juillet 2013

Le cépage roi de ce pays de Vaud est depuis la nuit des temps, Le Chasselas.

Cépage peu connu dans le reste des régions vitivinicoles du monde, le Chasselas est, et à été souvent, à tort d’ailleurs, critiqué et mal-aimé. Il est vrai que le vin issu de son travail a l’image d’un vin «difficile» voir un vin «intellectuel». Peu aromatique, il a néanmoins d’immenses qualités gustatives méconnues. Je ne vais pas vous décrire ici toutes les qualités ce cépage, mais il y en une qui est chère au Chasselas de nos coteaux, c’est la faculté de réunir les gens.

En ce début d’été, nous avons eu, Les Fous Du Roi, et bien accompagné, l’immense privilège de participer à une dégustation véritablement grandiose dans une noble cave du village d’Epesses. Notre bonheur à été d’être invité, un dimanche matin à participer à une «verticale» de Chasselas. Cela consiste à déguster plusieurs millésimes du même vigneron et ce jour-là, de la même vigne. Cela commence du plus jeune vin au plus ancien.

La Famille Dubois, au grand complet, trois générations de vignerons, nous avait préparé quarante-cinq millésimes (2011/1967) de leur «Demoiselle». Immense instant de bonheur et de découverte. Le Chasselas dans toute sa gloire. Véritables surprises de goûts et de parfums. Des envolées de mots pour décrire ces vins défilant avec leurs mystères. Quarante-cinq ans de vie révélée dans ces Chasselas. Une dégustation, ou enfin, le dégustateur ne cherche pas le défaut, mais le plaisir. La joie, le rayonnement du vin dégusté. Le lieu, le regard, la couleur, l’odeur, le gout ainsi que les mots pour décrire et raconter ces vins ont donné à cet instant de communion une magie éternelle. Merci à vous grande Famille, nous sommes aujourd’hui un peu plus millionnaire. Votre «Demoiselle» reste jeune à travers le temps qui passe, c’est une grande Dame.

Quant à vous, amis ou septiques du Chasselas, laissez- vous surprendre par ce cépage qui est noble et vaudois. C’est un grand cépage cultivé par des hommes et des femmes amoureux de leur métier, c’est un grand cépage qui nous donne de Très Grands Vins. NP